Le Gokaidô : les 5 routes historiques du Japon 五街道

En route sur les Cinq routes d'Edo ou les 5 routes majeures du Gokaido.

Durant l’époque d’Edo (1603-1868), il existe dans l’archipel cinqaxes routiers majeurs appelés les Gokaidô. Ces routes avaient toutes pour pointde départ le pont Nihonbashi à Edo (ancien nom de la ville de Tokyo) : le Tôkaidô et le Nakasendô pourrejoindre Kyoto, le Kôshû kaidô pour gagner la province de Kai, le Ôshû kaidôrejoignant la province de Mutsu et le Nikkô kaidô pour aller à Nikko.

En 1604, le pont deNihonbashi à Edo devient officiellement le point de départ des futures grandesvoies de transport terrestre du pays. Les cinq routes sont crééesprogressivement au cours des 17ème et 18ème siècles : le Tokaidô estachevé en 1624, le Nikko Kaidô en 1636, l’Oshu Kaidô en 1646, le Nakasendô en1694 et le Kôshu kaidô en 1772. 

Une législation et des normes strictes structurantces routes voient alors le jour. Ces dernières régissent la largeur des voiesou bien encore la présence ou non d’arbres le long du tracé. Tous ces axes sontdivisés en ri, une unité de mesure équivalente à 3,927 km, depuis Nihonbashi.  Chacun des ri est signalé aux voyageurs pardeux petits monticules de terre surmontés de végétation situés face à face depart et d’autre de la route, les ichiriri tsuka

Longues de plusieurs centainesde kilomètres, les gokaidô sont jalonnées de relais ou stations appeléesshukuba dans lesquelles on trouve des auberges, des postes de contrôle et desrelais de chevaux. Signalons d’ailleurs que la réglementation shogunale prévoitaussi le nombre de chevaux disponibles en permanence dans ces relais. Cesshukuba sont distantes les unes des autres de 7 à 10 km selon la routeempruntée. 

Durant plus de 250 ans, daimyos, marchands, artisans, samouraïs,pèlerins et voyageurs de tout poil vont ainsi arpenter ces cinq routes à pied,à cheval ou en palanquin.

Routes Gokaido
Routes Gokaido
Carte Gokaido
Routes Gokaido
Routes Gokaido
Routes Gokaido
Routes Gokaido
Routes Gokaido

De bonnes conditions de voyage

 

Les voyageurs occidentaux arrivant au Japon à partir de 1858,après deux siècles de politique isolationniste, saluent unanimement la qualitéde ce réseau de communication terrestre

Les Gokaidô sont larges et garnies dedeux fossés pour évacuer l’eau. Ces routes bénéficient également d’un entretienrégulier hors norme leur permettant de rester en bon état toute l’année.

Le sankin-kôtai, système de résidence alternéedes daimyos instauré en 1635 par le shogun Tokugawa Iemitsu n’est certainementpas étranger à cet état de fait. Obligés de passer une année sur deux à Edo eny laissant leur famille lorsqu’ils regagnent leur fief, les daimyos accompagnésde leur imposant cortège arpentent fréquemment ces routes de l’archipel. Avantleur passage, les routes jonchées de sable sont balayées, arrosées etdébarrassées des saletés en tout genre. 

De très nombreux récits de la secondemoitié du 19ème siècle décrivent en détail les conditions de voyagesur les Gokaidô et en particulier sur le Tokaidô, axe le plus fréquenté. 

Nikko_kaido_hasui_kawase

Sur le Nikko Kaidô (1930). Estampe de Kasui Kawase

Wikimedia Commons

Où trouver ces vestiges du Gokaidô ?

 

La modernisation rapide de l’archipel au cours de l’ère Meiji (1868-1912) et l’urbanisation galopante du 20ème siècle ont eu raison des Gokaidô. 

Si certains grands axes routiers et ferroviaires actuels sont en grande partie calqués sur ces routes anciennes, il n’en demeure pas moins que les gokaidô ont presque totalement disparu du paysage nippon. 

Néanmoins, quelques tronçons ont été sauvegardés et demeurent accessibles. Dans ces quelques cas, les autorités locales et les associations touristiques œuvrent ardemment à leur préservation. 

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Kumagai. Etape du Kisokaido. Estampe de Keisai Eisen. Série des Soixante-neuf étapes du Kisokaidô

Wikimedia Commons

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