La fête du Tanabata matsuri au Japon 七夕

Festival incontournable de l'été au Japon : La fête des étoiles de Tanabata

Vers le 7 juillet ou le 7 août, selon les régions, les Japonais célèbrent la fête des étoiles,  lors du Tanabata matsuri, né de la fusion de légendes japonaise et chinoise. A cette période, le japon est égayé par des décorations colorées porteuses d'espoirs.

La légende chinoise du  bouvier et de la tisserande

A ces versions d’origine japonaise, vint s’ajouter la légende du  bouvier et de la tisserande, d’origine chinoise, dont le Japon a importé (probablement à l’ère Nara, 710-794) deux versions légèrement différentes, toutes deux liées aux étoiles Véga et Altaïr.

Selon l’une des versions, la septième fille du Dieu du Ciel (Tentei), était nommée Orihimé  "la princesse tisserande" (qui, dans la légende, représente l’étoile Véga), car elle  passait ses journées à tisser de magnifiques brocards. Un jour, cette dernière décida d’aller visiter la Terre où elle rencontra Hikoboshi (Altaïr, "l'étoile du bouvier"), dont elle tomba amoureuse. Ils se marièrent et eurent deux enfants. Cela déplut au Dieu du ciel qui envoya un génie chercher sa fille pour la ramener près de lui.  Hikoboshi se précipita à sa suite mais la mère d'Orihimé fit apparaître une rivière, la voie lactée, et le Bouvier fut séparé de son épouse. A partir de ce jour-là, les deux amoureux ne cessèrent de pleurer, chacun d’un côté de la rivière. Le Dieu du Ciel, ému, les autorisa à se rencontrer une fois par an, la septième nuit du septième mois lunaire. La légende veut que cette nuit-là, des pies construisent un pont au-dessus de "la rivière du ciel" pour permettre aux deux époux de se rejoindre.

la légende du Bouvier et de la Tisserande

La légende du Bouvier et de la Tisserande

Regi51, Wikimedia

Petit à petit, cette fête a été adoptée par toutes les jeunes filles qui se mirent à faire des vœux pour trouver l’âme sœur. Et, depuis l’époque d’Edo (1603-1868),  ce sont toutes les Japonaises mais aussi les Japonais, enfants et adultes, qui font un vœu le soir de Tanabata, car la croyance veut que  les deux amants exaucent les souhaits faits ce jour-là.

Tanabata (七夕) signifie littéralement "7 soirs" et cette fête est célébrée le septième soir du septième mois, date qui varie selon si l’on suit le calendrier grégorien ou le calendrier lunaire : le 7 juillet ou le 7 août. Ce soir-là, nombreux sont les Japonais.es qui scrutent le ciel pour essayer de voir les étoiles Véga et Altaïr se rapprocher de la voie lactée.

Tanabata est une fête au cours de laquelle les Japonais accrochent leurs vœux sur des branches de bambous

Tanabata est une fête au cours de laquelle les Japonais accrochent leurs vœux sur des branches de bambous

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tissage

L'atelier tissage

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La fête de Tanabata aujourd’hui

Aujourd’hui la fête des étoiles se distingue par des décorations en branches de bambou (qui rappellent le rôle de repère qu’avaient les perches de bambou dans l’ancienne tradition du Japon) auxquelles les Japonais.es placent des tanzaku, de petites cartes verticales en carton ou en papier de couleur sur lesquelles ils écrivent un vœu. Ainsi, ils espèrent que les deux étoiles réaliseront leurs souhaits. On peut voir ces branches colorées dans les maisons ou les jardins, les crèches et les écoles, les sanctuaires shintô mais aussi certains halls de gare et supermarchés.

Traditionnellement, le lendemain de Tanabata, les branches de bambous étaient brûlées ou jetées à l’eau afin que les vœux se réalisent. De nos jours, écologie oblige, cette coutume est rarement suivie, voire interdite par les municipalités. Les branches et leurs vœux finissent avec les ordures ménagères.

La coutume veut que des lanternes soient accrochées à des bambous dans toutes les rues (là encore, cela fait référence aux repères qui étaient installés pour l'obon, la fête des morts). Le port du yukata, kimono en coton léger, est de rigueur pour se promener dans les rues et les cours des sanctuaires. 


DR

Les 7 ornements de Tanabata selon la tradition de Sendai, version miniature

Les 7 ornements de Tanabata selon la tradition de Sendai, version miniature

Laura Tomas Avellana

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